Le premier grand parc de recharge de camions électriques installé sur le site de TRAVECO à Nebikon (LU) illustre comment fenaco met en œuvre l’électrification de sa logistique.
Un nouveau jour se lève au centre de logistique de TRAVECO à Nebikon (LU). Tôt le matin, les premiers camions prennent la route et s’éloignent dans un vrombissement de moteurs. De plus en plus souvent, cependant, le fond sonore habituel est interrompu par un doux bourdonnement. Depuis l’été 2025, le site abrite ce qui est à présent le plus grand parc de recharge de camions électriques de fenaco. Dans un premier temps, cinq bornes de recharge rapide comprenant dix points de recharge (recharging points) ont été mises en place avec l’infrastructure nécessaire, notamment des postes de transformation électrique et des batteries de stockage. Actuellement, cinq véhicules électriques sont en service.
La conversion progressive de la flotte TRAVECO en camions électriques ne passe pas uniquement par l’acquisition de nouveaux véhicules, mais aussi et surtout par leur approvisionnement en électricité. « D’abord, il nous a fallu déterminer ce qui était réellement possible », explique Michael Gfeller, qui œuvre au Service des immeubles de fenaco. Cette unité de prestations est gestionnaire de réseau sur le site. « Quand on a besoin d’autant d’énergie, la priorité consiste à s’assurer de sa disponibilité. » Philipp Weiss, chef de projet chez AGROLA, ajoute : « Il s’agit de disposer de la bonne quantité d’énergie au bon moment et au bon endroit. »
Une infrastructure qui s’inscrit dans une vision à long terme
Dans ce projet, toutes les parties prenantes étaient en terrain inconnu. Les hypothèses de départ ont été affinées au gré de son avancement. Une analyse a notamment permis de dresser le constat suivant : au début, la recharge s’effectuera principalement de nuit, car les véhicules seront en service pendant la journée. Les besoins seront donc faibles pendant la journée. Avec l’augmentation du parc de véhicules électriques, une partie des opérations de recharge devrait toutefois être décalée en journée, compte tenu des recharges intermédiaires de véhicules en provenance d’autres sites. « D’ici à 2030, notre objectif est d’avoir électrifié près de 75 % de la flotte. Nous avons ainsi délibérément conçu l’infrastructure afin qu’elle s’adapte aux besoins », explique Patrick Müller, ancien chef de projet et aujourd’hui responsable du secteur logistique chez TRAVECO.
Un changement et de nouvelles habitudes
Pour les chauffeuses et chauffeurs, l’arrivée des camions électriques est bien plus qu’un simple changement de motorisation. Ces véhicules sont plus silencieux, avec un confort de conduite tout en douceur, en particulier dans les embouteillages. « C’est plus agréable. L’habitacle est moins bruyant, la force de propulsion du véhicule se déploie dès le départ », explique Angela Villiger, formatrice en conduite routière et en sécurité chez TRAVECO. Ce nouveau type de motorisation nécessite aussi plus de planification : quelle est l’autonomie de la batterie ? Quand est-il possible d’associer pause et recharge ? Quel est l’impact sur la consommation d’énergie et l’itinéraire, le poids du chargement ou la récupération d’énergie lors du freinage ? Le rôle des chauffeuses et chauffeurs s’en trouve modifié. « Il nous faut donc motiver nos collaboratrices et collaborateurs », indique Angela Villiger. Rouler à l’électricité implique de changer sa façon de conduire et d’organiser ses déplacements différemment. Cela représente un défi surtout pour les chauffeuses et chauffeurs expérimentés, qui ont souvent travaillé avec des moteurs diesel pendant des années et peuvent avoir des réserves. Angela a pu le constater : « Beaucoup ne juraient que par le diesel », explique-t-elle en riant. Elle constate cependant que l’attitude change dès la première expérience au volant d’un camion électrique. « Le plaisir de conduire est palpable. »
Nebikon : un modèle pour l’avenir
Le succès de l’électrification des transports passe donc par l’adhésion des chauffeuses et chauffeurs. Il faut aussi d’autres projets comme celui de
Nebikon. La collaboration étroite entre différents secteurs de fenaco, notamment, a joué un rôle déterminant dans la réussite de ce projet : le Service des immeubles de fenaco a été chargé de la gestion du réseau, des lignes électriques et des postes de transformation électrique. AGROLA s’est occupée de la fourniture et de la mise en service de l’infrastructure de recharge, des batteries de stockage et du système de commande intelligent. TRAVECO, quant à elle, a apporté la perspective de l’exploitation. « Ce n’était pas un simple projet de construction, mais un projet d’ordre organisationnel », explique Philipp Weiss, chef de projet chez AGROLA. « De nombreux services différents ont été impliqués. C’est précisément ce qui a fait de ce projet une initiative ambitieuse, mais aussi fructueuse. »
Nebikon est plus qu’un simple parc de recharge. L’expérience tirée de la planification, de la construction et de l’exploitation est mise à profit pour d’autres projets, par exemple les parcs de recharge du centre de compétence agricole de Lyssach (BE) ou chez Ernst Sutter à Bazenheid (SG). « Aujourd’hui, nous mettons en œuvre des projets similaires beaucoup plus rapidement », déclare Philipp Weiss. Ce qui a vu le jour à Nebikon profite ainsi non seulement au site lui-même, mais aussi à l’ensemble du groupe. Cela montre comment l’électrification de la logistique est mise en œuvre chez fenaco.