Après avoir été fromager la moitié de sa vie, Martin Sempach a pris un nouveau départ à 52 ans, chez Rutishauser-DiVino à Münchenbuchsee (BE). Au cœur de notre cave à vin, il a immédiatement ressenti cette connexion, au travail, avec l’équipe. L’excellente ambiance et le produit, naturel et authentique, y ont aussi contribué.
La liste Excel est longue comme un bras. C’est que les 273 cuves de la cave Rutishauser-DiVino à Münchenbuchsee (BE) demandent toute l’attention de Martin Sempach : pendant sa journée de travail, dès 6h30 du matin, cette représentation numérique de la cave ne le quitte pas. Ici, plus de 100 000 litres de vin en vrac sont mis en bouteille par semaine, qui sont destinés aux grands distributeurs et aux clients comme LANDI et Volg. Chef adjoint d’une équipe de six personnes au sein de la cave, Martin Sempach sourit : « Cette liste Excel, qui retrace le volume en litres et le contenu des différentes cuves ainsi que les résultats d’analyse, les dates de livraison et la saisie dans SAP, fait partie de mon quotidien ». Et d’ajouter : « Qui l’aurait imaginé ? Avant, j’étais fromager. Je travaillais avec mes mains, très loin d’un ordinateur. »
Maître fromager de formation et responsable de ses propres fromageries par le passé, il est tombé dans l’univers du vin par hasard, en 2018. « Pour continuer mon ancienne activité, j’aurais dû reprendre une nouvelle fromagerie à 52 ans. » A cet âge, je n’en avais plus envie. Il raconte que « Un ancien camarade de classe m’a parlé d’un poste à pourvoir chez Rutishauser-DiVino ». L’idée d’apprendre quelque chose de nouveau, avec des journées qui ne commencent plus à 4 heures du matin, l’a séduite. « Ma nouvelle équipe a beaucoup facilité ma reconversion. Mes collègues m’ont pris par la main, me montrant chaque étape de travail. Toujours avec une pointe d’humour. « Cela n’a pas changé », raconte Martin Sempach, que tout le monde appelle ici « Tinu ». « Grâce à la bonne ambiance et à l’entraide au sein de l’équipe, nous ressentons une réelle connexion, les uns avec les autres. »
Quel lien avec le fromage ?
Si Tinu a dû s’habituer à passer ses journées « derrière l’écran », aux tableaux Excel et à SAP, il n’a eu aucun mal pour tout ce qu’il y a autour : « Ayant été fromager par le passé, j’ai l’habitude de commencer tôt le matin et de travailler avec précision et rapidité ». Il explique que « Comme dans la fabrication du fromage, je travaille en millilitres. Je connais aussi toutes les subtilités et le savoir-faire nécessaires pour obtenir un beau produit, de qualité. Et dans ce travail au contact de denrées alimentaires, les règles d’hygiène ne sont rien de nouveau. »
La bonne formule pour répondre aux attentes de la clientèle
Le bureau de Tinu se trouve au beau milieu de la cave à vin. « Dans les catacombes », dit-il (rires). La forte odeur de levure, mêlée aux effluves plutôt sucrées, ne le dérange pas. Pas non plus le verre de vin blanc qui arrive sur son bureau à 9 heures du matin. C’est un produit qu’un client a commandé pour les mélanges à fondue. Tinu vient de le récupérer au laboratoire ainsi que les résultats d’analyse. « La teneur en alcool et le pH doivent s’accorder avec la fondue. Le vin doit aussi plaire à mon nez, tout comme à celui de mon patron ». Avant de séduire les clients, un vin traverse plusieurs analyses en laboratoire et des dégustations au sein de l’équipe à la cave. Notre chef d’équipe adjoint ajoute que « Mon travail commence vraiment une fois que les attentes de toutes et tous sont satisfaites ».
Selon les instructions, les collaboratrices et collaborateurs de la cave calculent les quantités par millésime et par région à prélever des cuves. Il faut aussi respecter la réglementation sur les assemblages et tenir compte de la teneur résiduelle en alcool et en sucre. On obtient ainsi les quantités par réservoir qui formeront la composition commandée. Puis, sur le formulaire de commande, les collaboratrices et collaborateurs voient précisément de quelles cuves pomper combien de litres avant de les acheminer vers la cuve de destination. Tinu sourit : « Ce sont de savant calculs ». Il ne rechigne pas à mettre parfois la main à la pâte pour transvaser le précieux liquide.
Le hasard fait bien les choses
A Münchenbuchsee, les équipes mettent le vin en bouteille toute l’année. En automne, après les vendanges, la cave est tout simplement un peu plus remplie. Martin Sempach souligne que « Cela ne me lasse pas. Loin de là : dans nos caves, nous voyons passer une grande variété de vins pour de nombreux clients ». De plus, son poste chez Rutishauser-DiVino se concilie bien avec ses loisirs : depuis plus de 30 ans, Martin Sempach est à la fois chasseur, sauveur de faons et membre du club local de yodel de Burgdorf (BE), près de chez lui. Heureux de pouvoir s’adonner à ses passions, il explique que « Pendant la saison de chasse, mon employeur m’accorde des jours de congé. J’apprécie beaucoup, d’autant plus que cela ne va pas de soi. Mes activités dans la nature et le yodel ont toujours été, outre ma vie de famille, d’excellents moyens de compenser après le travail. » Dans son activité professionnelle, Martin Sempach a quitté le lait pour travailler avec le vin. Comme il le dit si bien, le hasard fait bien les choses : « Dans ce domaine aussi, nous travaillons avec des matières premières issues de la nature, avec un savoir-faire artisanal, beaucoup de passion et dans un esprit d’équipe. Des ingrédients parfaits. »